GNV et BioGNV : ces gazs naturels méconnus du grand public

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Qu’est-ce que le GNV et le BioGNV ?

Le Gaz Naturel Véhicule (GNV) est une énergie alternative au carburant classique. Il est constitué à plus de 96% de méthane : il s’agit du même produit que celui utilisé pour un usage domestique ou industriel.

Le BioGNV, connu également sous le nom de biométhane, est un gaz vert issu de la méthanisation. En effet, alors que le GNV classique provient de sources fossiles, le bioGNV lui, est obtenu de la méthanisation de déchets organiques divers (ordures ménagères, boues des stations d’épuration, produits agricoles et tontes des espaces verts, résidus de l’industrie agroalimentaire ou de la restauration collective, etc.).

A noter que le biométhane figure parmi les sources renouvelables d’énergie.

Le fonctionnement du GNV ou BioGNV est très simple. Le gaz naturel est stocké sous une pression de 200 bars dans un réservoir dédié. Le démarrage du véhicule s’effectue à l’essence, puis le moteur passe au GNV. Si la réserve de gaz est épuisée, le moteur reçoit de l’essence afin de rouler.

Plus de 26 millions de véhicules roulent aujourd’hui au GNV ou au BioGNV dans le monde. En France, le GNV est utilisé principalement pour les véhicules lourds (camions, cars et bus). En effet, il est beaucoup utilisé pour le Transport Routier de Marchandises (TRM). Le nombre de véhicules GNV a été multiplié par 3,5 entre 2016 et 2018 dans ce secteur.

Les véhicules lourds fonctionnent uniquement au gaz avec des moteurs dits à « monocarburation ». Les véhicules légers et utilitaires quant à eux sont à « bicarburation » gaz ou essence. Dès que le réservoir de gaz est vide, le véhicule fonctionne à l’essence, ce qui permet de prolonger l’autonomie de ce dernier.

Peu connu du grand public, le GNV joue un rôle important dans la transition énergétique. En effet, un véhicule roulant au GNV émet 25% de CO2 de moins qu’un équivalent à essence, et 15% de moins qu’un diesel. Les véhicules roulant au GNV sont donc classés en catégorie 1 des vignettes Crit’Air, ce qui leur permet de pouvoir accéder aux zones de circulation restreinte mises en place dans certaines agglomérations françaises. Ce carburant est donc fortement plébiscité par les professionnels souhaitant accéder aux Zones à Faibles Émissions (ZFE).

Face à la montée en puissance du GNV et BioGNV, l’offre de véhicules est de plus en plus diversifiée, avec des autonomies de plus en plus intéressantes (500 kilomètres en moyenne). Plus d’une dizaine de constructeurs se positionnent aujourd’hui sur le marché des véhicules à motorisation GNV/BioGNV.

Quelle forme peut prendre le GNV ?

Le GNV peut prendre deux formes :

  • Gaz Naturel Comprimé (GNC) : Il s’agit de l’état gazeux du GNV, comprimé à 200 bars. Il s’agit de la forme de carburant la plus utilisée en France puisqu’il est adapté à tous types de véhicules des plus légers aux poids-lourds en passant par les utilitaires, les bus ou encore les cars.

  • Gaz Naturel Liquéfié (GNL) : Il s’agit de l’état liquide du GNV. Il est obtenu par condensation à -160°C, réduisant son volume d’environ 600 fois par rapport à son état gazeux. Bien que stocké à l’état liquide, le GNL sera contenu dans le moteur sous forme gazeuse. Il est principalement utilisé en France pour les véhicules lourds effectuant de longues distances, pour les barges et les navires. Les réservoirs GNC sont plus lourds que leurs homologues fonctionnant au diesel. Cependant, cela n’impacte pas la charge utile du véhicule puisqu’une dérogation du Poids Total Autorisé en Charge (PTAC) est accordée.

Comment rouler au GNV ?

Pour rouler avec un véhicule GNV, il existe deux possibilités : soit acheter le véhicule neuf ou d’occasion roulant au gaz naturel, soit le convertir auprès d’un spécialiste. A noter qu’il est possible de convertir un moteur à base essence ou diesel au GNV. Cependant, dans la pratique, la transformation ne se fait qu’avec les moteurs à essence car modifier un bloc diesel coûte plus cher et les résultats sont moins convaincants.

  • Acheter directement le véhicule permet d’avoir un moteur conçu dès le départ pour fonctionner au gaz, donc acceptant un taux de compression et un indice d’octane plus élevé. Cela permettra d’avoir des meilleurs rendements.

  • Convertir son véhicule peut être une bonne solution également. En effet, plusieurs modèles anciens de voitures n’existent pas sur le marché en alimentation au gaz naturel, il faudra donc opter pour la conversion. Le fonctionnement est simple : le véhicule reçoit un réservoir spécifique supplémentaire avec soupape de sécurité et jauge additionnelle à installer au tableau de bord, un vapodétendeur, différentes électrovannes, un calculateur électronique, un régulateur de richesse couplé à une sonde lambda, un système d’injection particulier, des filtres supplémentaires, et un sélecteur manuel de passage du GNV à l’essence et inversement.

Où faire le plein ?

Aujourd’hui il y a une centaine de stations-services équipées en pompes délivrant du gaz naturel. Une centaine d’autres point de ravitaillement sont en projet de déploiement pour 2021, grâce à l’appel à projets GNV lancé par l’ADEME en 2016.

Grâce à cette carte, vous pouvez consulter la liste des stations accessibles en France. Celle-ci peut s’avérer très utile pour faire le plein lorsque vous effectuer des longs déplacements. En effet, l’autonomie avec un plein de GNV, effectué en moins de 5 minutes, dépasse rarement 500 kilomètres. Même si le réservoir d'essence vous évitera bien de rester sur le bas-côté, sa taille limitée vous contraindra à des arrêts fréquents en attendant de rejoindre la prochaine pompe de GNV.

Aides publiques

Il existe de nombreuses aides publiques à l’achat d’un véhicule GNV. Ces aides sont le fruit d’initiatives locales, nationales ou régionales. En fonction des régions ou villes, les bénéficiaires peuvent être des particuliers et/ou des professionnels. Le montant de ces aides peut aller jusqu’à 15 000 euros.

Avantages du GNV

Les avantages du GNV sont multiples :

  • Le GNV est un carburant qui coûte moins cher que le diesel ou l’essence. En effet, le prix moyen du kilogramme est ainsi inférieur de 20% environ à celui du litre de diesel, selon des estimations communiquées par les associations et organisations professionnelles du secteur telles que l'Association Française du Gaz naturel véhicule (AFGNV). 

  • Les véhicules GNV bénéficient d’avantages fiscaux, grâce à un suramortissement fiscal qui s’applique en fonction du PTAC du véhicule.

  • Les véhicules GNV qui émettent moins de 60g de CO2 par kilomètre sont exonérés de TVS.

  • Comme évoqué précédemment, les véhicules GNV polluent beaucoup moins que les véhicules thermiques.

  • Les véhicules GNV ne font pas l'objet de restrictions de circulation pour les ZFE.

Ce qu’il faut retenir

Le GNV et BioGNV sont des gaz naturels utilisés comme alternative au carburant classique des véhicules utilitaires principalement. Afin de rouler au GNV, il est possible d’acheter directement un véhicule GNV ou de convertir un roulant à l’essence.

Les professionnels apprécient fortement l’utilisation du GNV pour leurs véhicules utilitaires puisqu’ils peuvent circuler librement dans les ZFE, contrairement aux équivalents diesels.

Ces gaz naturels jouent donc un rôle important dans la transition énergétique. C’est pour cette raison qu’il existe un grand nombre d’aides locales et régionales à l’acquisition d’un véhicule GNV, allant jusqu’à 15 000 euros de subvention. 

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Le Gaz Naturel Véhicule (GNV) est une énergie alternative au carburant classique. Il est constitué à plus de 96% de méthane : il s’agit du même produit que celui utilisé pour un usage domestique ou industriel.